Édifier un nouvel État s’avère être une tâche difficile. À la suite de sa déclaration d’indépendance le 9 juillet 2011 et de la séparation pacifique du Nord, le Sud-Soudan est confronté à d’importants défis politiques : il s’agit d’établir des structures nationales stables et une infrastructure économique et sociale afin que le pays puisse se développer. L’Allemagne a fait partie des premiers pays dont le gouvernement a reconnu le 54e État d’Afrique et l’a assuré de son soutien. Dès que les Sud-Soudanais ont pris la décision de fonder un État indépendant, Guido Westerwelle, ministre fédéral des Affaires étrangères, a souligné que « le jour de l’indépendance marque officiellement le début des relations diplomatiques avec la République du Sud-Soudan ». Quelques semaines avant l’indépendance, en juin 2011, le ministre s’était rendu à Khartoum et à Juba. Lors de sa visite, il a insisté sur le fait que l’Allemagne entend s’investir pour qu’il y ait des relations pacifiques et amicales entre les deux États soudanais.
Le Sud-Soudan est le plus jeune État d’Afrique, un continent pour lequel l’Allemagne veut redéfinir sa coopération. Le « Concept Afrique » lancé par le gouvernement fédéral en juin 2011 est le fondement pour un nouveau chapitre du partenariat germano-africain. Ce concept, qui s’intègre à la stratégie de l’UE pour l’Afrique et qui renforce la coordination avec des organisations nationales et internationales a pour but de souligner la cohérence de la politique du gouvernement fédéral vis-à-vis de l’Afrique.
Depuis le début de 2011, sous la responsabilité du ministère des Affaires étrangères à Berlin, dix ministères ont élaboré le contenu global de ce concept. Auparavant, d’importantes consultations avaient eu lieu, impliquant des ministères, des groupes parlementaires au Bundestag, des fédérations de l’économie, des fondations politiques, des ONG, des représentants culturels, des églises, des syndicats et des instituts de recherche. Il en est résulté un guide pour une politique d’efficacité pour l’Afrique devant respecter l’hétérogénéité du continent. Guido Westerwelle, ministre fédéral des Affaires étrangères, qui avait présenté ce concept à Berlin peu avant sa visite au Soudan, en a souligné les objectifs. Il s’agit de tenir compte de l’importance croissante de l’Afrique et de l’augmentation de sa propre responsabilité et d’utiliser les potentiels d’une coopération partenariale. « L’Afrique est sans aucun doute un continent riche en opportunités » a déclaré le ministre. L’Allemagne offre à l’Afrique un partenariat d’égal à égal. Il s’agit d’instaurer une coopération en dehors des structures dépassées, de donateurs et de preneurs, tout en encourageant les efforts et les responsabilités africaines. En cela, il convient toutefois de ne pas ignorer les problèmes tels que ceux de la pauvreté et de la faim, de la corruption, des maladies comme le sida ou le paludisme, des conflits nationaux et des tensions ethniques.
Le document de 66 pages présente l’engagement de l’Allemagne pour l’Afrique et en Afrique en six points principaux et intérêts communs : paix et sécurité, bonne gouvernance, État de droit, démocratie et droits de l’homme, économie, climat et environnement, énergie et matières premières ainsi que développement, éducation et recherche. Le concept met en particulier l’accent sur l’idée de « la paix et de la sécurité » ainsi que la prévention des conflits. L’Allemagne soutient par exemple la mise en place d’un système d’alerte précoce des crises pour l’Union africaine et la présence accrue du continent au Conseil de sécurité des Nations Unies. De plus, l’Allemagne veut faire avancer la démocratie en Afrique en tant que base à long terme pour la stabilité et le développement. Elle s’engage en particulier pour le respect des droits de l’homme et l’abolition de la peine de mort, revendique la fin du recrutement d’enfants soldats ainsi que l’interdiction de la persécution des homosexuels.
À l’avenir, il conviendra de tirer un meilleur parti des possibilités de collaboration économique. Depuis environ une dizaine d’années, l’économie africaine croît chaque année de quelque cinq pour cent et bénéficie nettement d’investissements étrangers. Actuellement, plus de 600 entreprises allemandes ont des succursales en Afrique employant 146000 personnes. L’Allemagne soutient l’agrandissement de l’ouverture du marché européen aux produits africains. Concrètement, l’économie doit devenir plus attrayante pour les entrepreneurs travaillant par exemple dans le domaine des énergies renouvelables, là où l’Afrique offre un grand potentiel en énergie solaire, éolienne, hydraulique ainsi qu’en géothermie. Les coopérations accrues pour un approvisionnement écologique en énergie sont considérées également comme une contribution à la protection du climat et de l’environnement ainsi qu’au maintien de la biodiversité en Afrique. En outre, l’Allemagne veut promouvoir les formes durables de l’agriculture et, en tant que principal partenaire de projets bilatéraux de développement pour l’approvisionnement en eau, en améliorer la gestion.
Dans le domaine de l’énergie et des matières premières, on prévoit d’importantes coopérations inspirées du partenariat avec le Nigeria. Selon le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle, il ne s’agit pas uniquement de l’accès aux matières premières ; une coopération augmente aussi les recettes des pays fournisseurs et contribue à la modernisation de l’économie en Afrique.
Enfin, le « Concept Afrique » considère comme autre point fort l’engagement culturel et les coopérations d’éducation. La politique en matière de culture et d’éducation repose essentiellement sur le travail des Goethe-Institut, des initiatives telles que le réseau d’écoles partenaires de l’avenir (PASCH) et « Aktion Afrika ». Avec ce programme, on élargit, entre autres, les offres de bourses, on intensifie l’enseignement de l’allemand, les échanges scolaires et le développement du sport, on permet aux spécialistes de la culture et des médias de se qualifier et on renforce la coopération universitaire.///














