À l'occasion d'un déplacement du Premier ministre français, François Fillon, à Berlin, l'Allemagne et la France ont réaffirmé leur volonté d'approfondir leur coopération pour faire avancer l'Europe, en particulier sur les sujets économiques. Un mois après l'adoption d'un "Agenda franco-allemand 2020" fort de 80 mesures, le Premier ministre français et la chancelière Angela Merkel en ont d'ailleurs annoncé une première traduction concrète : les ministres des Finances, Christine Lagarde et Wolfgang Schäuble, inaugureront le nouveau dispositif permettant à un ministre allemand ou français d'assister au Conseil des ministres de l'autre gouvernement sur invitation. Les questions économiques et financières ont également dominé l'entretien entre Mme Merkel et M. Fillon.
La création d'un Fonds monétaire européen, une bonne idée
Lors d'une conférence de presse commune, la chancelière et le Premier ministre ont souligné la volonté franco-allemande de faire avancer le projet de gouvernement économique européen pour améliorer la coordination des politiques économiques et financières en Europe. Ils ont estimé de concert que l'idée de créer un Fonds monétaire européen (FME) était une bonne idée. La crise grecque a révélé "que la gamme d'instruments de sanctions, par exemple dans le traité de Maastricht et le Pacte de stabilité et de croissance, était insuffisante", a justifié Angela Merkel.
Éviter qu'une crise ne se reproduise
Pour la chancelière allemande, il convient avant tout d'éviter qu'une situation comparable à celle de la Grèce ne se reproduise au sein de la zone euro. Pour ce faire, elle souhaite, premièrement, renforcer les moyens d'examen et de contrôle d'Eurostat, l'office statistique européen. Deuxièmement, elle estime qu'il faut "discuter des moyens d'avoir des sanctions plus efficaces". Troisièmement, il faut que l'Eurogroupe soit à même de régler les problèmes d'une zone monétaire. C'est à ce niveau qu'intervient la création d'un FME : ce dernier "apparaît à mon sens à la fin d'une chaîne de réactions nécessaires pour prévenir de telles situations. L'exigence principale est de tout faire pour qu'une telle situation ne se reproduise jamais", a déclaré la chancelière.
La France et l'Allemagne sont d'accord, a acquiescé M. Fillon. Le Premier ministre français a appelé à une "expertise rapide" de l'idée du FME. Il l'avait déjà exprimée peu auparavant dans un discours prononcé devant les étudiants de l'université Humboldt, à Berlin, sur "L'Union européenne au service de la croissance".
Discours à l'université Humboldt
"En Allemagne, le débat sur un Fonds monétaire européen est désormais publiquement lancé. Nous pensons que c’est une idée qui doit être expertisée rapidement pour compléter les moyens dont la zone euro et ses membres peuvent disposer pour répondre à des tensions financières qui sont susceptibles de menacer notre stabilité monétaire. Mais, bien entendu, cette forme de soutien n’est acceptable que si les États qui sont confrontés à des difficultés financières font, en parallèle, tous les efforts nécessaires pour résoudre leurs problèmes structurels et rétablir leurs comptes", y a-t-il notamment déclaré.
Source: CIDAL













