Protéger dans le monde entier les droits et les libertés fondamentales de l’homme et créer les conditions pour empêcher que l’oppression, l’arbitraire et l’exploitation ne prennent le dessus, tel est le leitmotiv de la politique allemande des droits de l’homme. L’Allemagne a signé toutes les grandes conventions sur les droits de l’homme et elle se mobilise en faveur du respect et du développement de ces droits.
Le dialogue et la coopération à plusieurs niveaux – avec les États, les organisations non gouvernementales et les médias du monde entier – marquent l’engagement allemand dans les questions touchant aux droits de l’homme et à l’État de droit. Depuis 2003, par exemple, le dialogue germano-chinois sur les droits de l’homme est, chaque année, l’occasion d’un échange approfondi sur toutes les questions importantes relatives à la protection des droits de l’homme ; il complète le dialogue sur l’État de droit, également engagé entre l’Allemagne et la Chine. En Irak, l’Allemagne soutient les droits de l’homme avec ses partenaires en assurant la formation de collaborateurs au sein de ministères et d’institutions gouvernementales, en proposant des stages aux journalistes et en favorisant la construction de deux centres de soins aux victimes de la torture. Le dialogue sur les droits de l’homme instauré par l’UE avec les États d’Asie centrale est le fruit d’une initiative lancée par l’Allemagne durant sa présidence européenne.
Madame Turmann, le DED se mobilise au Ghana en faveur de la démocratie. Avec qui collaborez-vous sur place ?
Un groupe important, qui représente la société civile, est constitué par les chiefs, les chefs des communautés rurales. Ils font partie des « autorités traditionnelles » du pays et jouent un rôle social et politique important. Il s’agit, surtout à l’échelle locale au Ghana, d’interlocuteurs importants pour la communauté rurale. Ce sont les autorités traditionnelles qui connaissent le mieux les intérêts de leur commune, qui sont au courant de ses problèmes, qui jouissent de la confiance de la population et sont beaucoup mieux informés que les représentants officiels de l’administration. Ce sont donc des médiateurs importants entre la société civile et l’État ghanéen quand il est question, soit de planifier une action de développement correspondant aux besoins locaux en donnant plus de poids à la population, soit de gérer des conflits.
Le DED aide le gouvernement ghanéen à renforcer l’intégration des autorités traditionnelles, en tant que médiatrices, dans les processus de décisions politiques et à améliorer les rapports entre l’État et la société civile. Qu’entendez-vous par là, concrètement ?
Nous informons les chefs et les sensibilisons à leur rôle de conseillers au développement, nous leur expliquons les structures du système étatique et les compétences des administrations communales, nous essayons de leur montrer le rôle qu’ils peuvent jouer et leur donnons une formation en communication et en gestion de conflits. Nous travaillons, en outre, avec les représentants officiels des communes, notamment les maires, pour leur montrer les méthodes et les moyens d’améliorer l’intégration des autorités traditionnelles dans leur fonction d’interlocuteurs et de conseillers dans les processus décisionnels de politique de développement. Nous organisons à cette fin des séminaires et des forums de dialogue permettant aux deux parties d’entrer en contact et de supprimer leurs préjugés.
Le travail du DED est-il apprécié ?
La demande est très forte – tant du côté des représentants officiels des communes que des autorités traditionnelles. Dans les régions où le DED opère dans ce domaine, les chefs sont informés sur le système gouvernemental ghanéen, sensibilisés à leur rôle important de médiateur, en mesure de mobiliser la population et ils ont accès aux décisionnaires nationaux. Il faut être conscient de ce qu’un processus de démocratisation est un chemin que l’on gravit pas à pas. Mais il s’avère souvent utile d’avoir une personne venue de l’extérieur, en qualité d’observateur et de conseiller neutre, qui essaie de réunir les différentes parties autour d’une même table. Si, suite à nos rencontres, les chefs représentant la société civile et les représentants d’institutions étatiques se réunissent pour convenir de règlements visant à planifier des actions de développement en commun, à améliorer leur collaboration et à éviter les conflits, nous estimons avoir remporté un succès.
Annette Turmann
49 ans, travaille depuis 2003 pour le Service allemand de développement (DED). Elle est coordinatrice du DED au Ghana.














