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EADS : Berlin met en garde les États-Unis

Le ministre allemand de l'Économie, Rainer Brüderle, a mis en garde les États-Unis contre le risque protectionniste après qu'Airbus, filiale d'EADS, a été contraint de renoncer à participer à un appel d'offres concernant un contrat d'avions ravitailleurs pour l'armée de l'air américaine, laissant son concurrent Boeing seul en lice.

"La libre concurrence ne doit pas être entravée de manière unilatérale, y compris pour l'acquisition d'équipements militaires. Des signes de protectionnisme sont, à eux seuls, nuisibles, surtout en période de crise économique", a déclaré M. Brüderle, lundi, dans un communiqué. L'Allemagne souhaite demander l'arbitrage de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui est déjà saisie de deux procédures concernant les deux avionneurs.

Appel d'offres biaisé sur un énorme contrat d'avions ravitailleurs

M. Brüderle se dit déçu par la méthode employée par le ministère américain de la Défense. Ce dernier a modifié les conditions de son appel d'offres, favorisant le Boeing B767, plus petit et moins cher que l'A330 d'Airbus. "Boeing, en tant qu'unique offreur, obtient ainsi d'importants avantages économiques et financiers sans que l'armée de l'air [américaine] n'obtienne le meilleur produit selon le critère du rapport qualité-prix", a-t-il commenté. "La conséquence c'est que le contribuable américain vraisemblablement va payer plus cher parce qu'il n'y a pas de compétition ; et deuxièmement, que l'US Air Force va avoir le matériel moins capable, moins moderne […] pour 45 ans", a explicité sur RTL Louis Gallois, le président exécutif d'EADS.

L'appel d'offres du Pentagone concerne une énorme commande de 179 avions ravitailleurs, capables d'approvisionner en vol des avions militaires. Un contrat de plus de 35 milliards de dollars qui pourrait encore s'alourdir -et que Boeing et Airbus se disputent depuis plusieurs années.

L'avionneur américain avait une première fois remporté l'appel d'offres en 2002, avant que la décision ne soit annulée. Airbus s'était alors associé à un partenaire américain, Northrop Grumman, visant la création de près de 50.000 emplois aux États-Unis. Ensemble, ils avaient obtenu le contrat en 2008. L'avionneur européen espérait ainsi prendre pied sur le marché américain, chasse gardée de Boeing depuis plusieurs décennies. Sous les protestations de ce dernier, toutefois, le Congrès avait une nouvelle fois fait annuler la décision et poussé le gouvernement américain à modifier une seconde fois son appel d'offres.

Source: CIDAL

11.03.2010
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