samedi, 26.05.2012 17:01
 
 

Actualité

Un voyage à la découverte de la musique et de la culture africaines

Ressentir la joie de vivre africaine : cette année, des vedettes de la musique des îles du Cap-Vert et du Sénégal...continuer

© Thomas Dorn

Actuel

Afrique

Zimbabwe : Pillay demande la suspension des sanctions  

Afrique

Comment réguler le trafic d'armes en Afrique ?  

Afrique

Tensions à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso  

Portrait

Un talent vert

Le Kenyan Mike Otieno, avec l’aide allemande, fait de la recherche sur le traitement durable du béton armé et contribue...continuer

Manifestations

La vie en bandes

Explorer l’univers des super-héros au Musée des cultures européennes à Berlin : il...continuer

La météo de Deutschland

Lien actuel

Le nouveau portail de la culture française

Les grands classiques du cinéma français, des expositions d’artistes français ou encore des cours de langues en...continuer

Lien actuel

CIDAL

Centre d‘information et de documentation sur l‘Allemagne. Crée à l'initiative du gouvernement allemand, le CIDAL a pour...continuer

Bookmarks
| |

Trois pièces, cuisine, sdb

Locataire ou propriétaire ? Une maison produisant de l’énergie ou un immeuble ancien ? Un aperçu sur les rêves et la réalité de l’habitat en Allemagne.

Par Janet Schayan

Un salon avec un canapé en coin et un fauteuil, volontiers couleur coquille d‘œuf ou terre cuite. Un meuble à étagères en bois clair, une table basse, un téléviseur, un ordinateur branché sur Internet. Du papier peint d’apprêt sur les murs, de la moquette velours bleu foncé au sol. Sur le rebord de la fenêtre, un cyclamen, du lierre ou une orchidée. C’est à cela que ressemble « le salon le plus répandu en Allemagne ». L’agence de publicité hambourgeoise Jung von Matt l’a recréé en respectant scrupuleusement les données de l’Office fédéral des statistiques et de la Société de recherches sur la consommation. Une forme particulièrement concrète d’analyse des groupes cibles : les créatifs de l’agence tiennent leurs conférences dans une pièce aménagée conformément aux résultats des analyses quand ils veulent se sentir proches de l’univers des consommateurs. Et comment être plus proches d’eux que dans leur intimité, dans un intérieur aménagé à leur goût ? Là où ils habitent, là où ils vivent chaque jour.

L’anglais ne fait pas la différence entre les verbes « vivre » et « habiter », tous deux s’appellent « live ». La langue allemande si. « Wohnen » vient de l’ancien haut allemand et signifiait à la fois « rester » et « être satisfait ». Aujourd’hui encore, cela n’est pas si faux puisque le chez-soi revêt une grande importance en Allemagne. Les Allemands consacrent la plus grande partie de leurs revenus mensuels au logement – loyer, réparations, chauffage, électricité –, soit au total environ 700 euros. Mais cela n’est qu’une moyenne. Le pourcentage consacré au loyer peut se situer très en-dessous ou très au-dessus de cette somme selon la ville, le quartier et la taille du logement. Pour généraliser, disons que se loger est plus onéreux dans le sud que dans le nord ou à l’est de l’Allemagne. Selon une étude de l’Office fédéral de la construction et de l’urbanisme, la population apprécie particulièrement sa qualité de vie en Bavière et au Bade-Wurtemberg. Les études classent toujours Munich en haut du palmarès des villes allemandes les plus chères. Les locataires y paient des loyers jusqu’à 70 % supérieurs à la moyenne nationale. Les villes de Wiesbaden, Stuttgart, Cologne et Düsseldorf sont aussi particulièrement chères et se situent, avec Hambourg et Francfort-sur-le-Main, dans le peloton de tête des loyers élevés. Habiter dans la capitale alle­mande, par contre, est étonnamment abordable, surtout quand on la compare aux autres grandes métropoles européennes : en moyenne, les Berlinois payent moins de 5,50 euros par mètre carré.

Mais, pour beaucoup, être locataire n’est qu’une solution provisoire. Les chercheurs de l’Institut Leibniz de géographie à Leipzig constatent que « le désir d’être propriétaire vient au deuxième rang des désirs matériels » en Allemagne, juste derrière la voiture. En fait, comparé avec d’autres pays européens, le pourcentage de propriétaires immobiliers est assez faible : moins de la moitié des foyers allemands vivent dans une maison ou un appartement qui leur appartient. La majorité sont locataires, et très rarement d’une maison tout entière : 76 % des locataires habitent dans des bâtiments ayant plus de trois appartements.

En revanche, la taille des appartements n’a cessé d’augmenter depuis les années 1960. La surface habitable moyenne est de 90 m² quand on fait la moyenne des plus de 39 millions de maisons et d’appartements loués ou occupés par leurs propriétaires. Cela équivaut à un peu plus de 40 m² par habitant. Mais ce chiffre varie fortement selon la taille du foyer et les revenus. Sur Internet, la rubrique favorite des sites immobiliers est le très classique « trois pièces, cuisine, salle de bains, balcon ». Il y a encore 50 ans, il était courant qu’une famille de quatre personnes vive dans un tel appartement : une salle à manger-salon, la chambre des parents et une chambre pour deux enfants. Aujourd’hui, selon des études de l’Institut Leibniz, une chambre par enfant est considérée comme « adéquate ».

Dans les années 1950, qui furent des années de reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, on érigea rapidement de nombreux immeubles locatifs assez simples. La décennie suivante, l’ouest de l’Allemagne vit la périphérie de ses villes s’étendre grâce aux subventions à la construction de maisons individuelles. Les années 1970 furent marquées par la construction de grands ensembles offrant des logements sociaux. Depuis les années 1980, le tableau se diversifie : immeubles anciens modernisés à grands frais, petites résidences de qualité en copropriété, ensembles compacts à la périphérie des villes, mais aussi des ensembles de plusieurs étages dans l’espace suburbain. Les modes d’habitat expérimental sont toujours plus appréciés, avec par exemple l’achat en commun de grands biens immobiliers divisés en zones privées et en zones communautaires.

Aujourd’hui, les acheteurs potentiels s’intéressent toujours plus à la consommation énergétique des maisons et des appartements. Par souci d’écologie mais aussi pour des raisons de coûts. Quiconque souhaite acheter ou louer un bien immobilier en Allemagne peut même depuis 2009 demander la « carte énergétique » d’un immeuble ou d’un appartement. Ce document décrit la consommation énergétique du bien immobilier. La tendance va même jusqu’à l’habitat écologique. Les jeunes familles, notamment, recherchent des cités construites selon des critères écologiques avec des immeubles consommant peu d’énergie ou même en produisant. Ces projets immobiliers apparaissent surtout dans les agglomérations de régions économiquement performantes comme Stutt­gart, Hambourg et Munich. Fribourg, la ville pionnière du solaire en Allemagne, a elle aussi réalisé plusieurs grands ensembles écologiques.

Tout cela semble très raisonnable. Mais si l’on se penche sur les rêves des Allemands en matière de logement, c’est l’extravagance qui l’emporte. En 2010, le site immobilier immowelt.de a constaté dans un sondage que 25 % des personnes interrogées rêvent de vivre sur une péniche confortable, 21 % dans une ferme isolée et même 3 % aimeraient goûter à la liberté qu’offre une caravane de chantier. Cela nous éloigne beaucoup du cyclamen et du canapé coquille d’œuf.////

12.11.2010
Bookmarks
| |