Un puzzle gigantesque se trouve dans les archives de l’administration fédérale responsable des archives des services de sécurité de l’ex RDA (BStU). Ce sont quelque 15 000 sacs remplis de documents déchirés de l’ancien ministère de la Sécurité d’Etat, les services secrets de la RDA. On estime que 45 millions de feuilles de format DIN-A4 ont été déchirées, en huit à 30 morceaux, à la disparition de la dictature en 1989, après la chute du Mur. Jusqu’à maintenant on n’a pu reconstituer qu’une petite partie de ces documents – ce puzzle de papier étant trop important. Pour assembler les quelque 600 millions de bouts de papier, 30 personnes mettraient de 600 à 800 ans. Des chercheurs du Fraunhofer-Institut pour les installations de production et les techniques de construction (IPK) ont cependant développé un procédé assisté par ordinateur pour automatiser les précieux dossiers historiques et pouvoir ainsi les exploiter beaucoup plus rapidement. A la demande du Bundestag et du BStU, les scientifiques ont construit un « ePuzzler ». Actuellement, il s’agit encore du lancement d’un projet pilote mais les premiers résultats sont très prometteurs.
Avant de commencer la reconstitution numérique, tous les morceaux de papier doivent être numérisés – une opération très facile grâce au scanner construit récemment. Les morceaux de papier sont attirés dans le scanner et lus des deux côtés, sans être auparavant soudés sous feuille de plastique ou traités de quelque autre manière que ce soit. Par la suite, les copies numériques sont analysées, réparties par catégories et enregistrées dans une banque de données. Pour chercher les parties correspondantes, le système Fraunhofer utilise plusieurs caractéristiques. Cela va de la forme des morceaux de papier à la couleur du papier en passant par les motifs imprimés sur les feuilles. Lorsque les contours de deux parties du puzzle correspondent, l’ordinateur les réunit en un morceau plus grand – jusqu’à ce que le document soit complet. Ce processus est sans cesse recommencé.
Il est prévu de terminer ce projet pilote au second semestre de l’année 2010. On décidera alors s’il convient d’adopter le système pour l’exploitation complète des documents déchirés.














