Alors que la Grèce vient de faire un premier pas pour sortir de la crise financière, le premier ministre grec, Georges Papandréou devait être reçu vendredi en fin d'après-midi par la chancelière Angela Merkel à Berlin. Selon cette dernière, l'entretien sera centré sur la qualité des relations germano-grecques. Il ne sera pas question d'une aide financière - qu'Athènes ne réclame d'ailleurs pas. Dans une interview au "Frankfurter Allgemeine Zeitung", M. Papandréou explique qu'il demande "un soutien européen afin de pouvoir emprunter dans des conditions acceptables". "C'est tout ce que nous demandons", ajoute-t-il.
Athènes reçoit les premiers fruits de ses efforts d'austérité
Ces deux derniers jours, la Grèce a fait un premier pas concret pour sortir de la tourmente financière dans laquelle l'ont plongée l'ampleur de sa dette et les attaques spéculatives des marchés financiers. Jeudi, elle est parvenue à emprunter cinq milliards d'euros sur les marchés - à un taux considéré comme raisonnable dans les circonstances présentes (6,385%). C'est environ trois points de plus que ce que rapportent aux investisseurs les emprunts contractés par l'État fédéral allemand, note le quotidien "Sueddeutsche Zeitung". Selon la presse, la Grèce aurait même pu emprunter jusqu'à 16 milliards d'euros.
Les investisseurs sont donc de retour. "La Grèce perçoit les premiers fruits de ses efforts d'économies", a commenté Steffen Kampeter, secrétaire d'État au ministère allemand des Finances. "Le paquet de mesures du gouvernement grec a été bien accueilli par les marchés financiers. La rigueur des mesures de consolidation a déjà un impact positif sur les conditions [de l'emprunt]", s'est aussi félicité le porte-parole du gouvernement allemand, Ulrich Wilhelm.
Une attitude responsable saluée à Berlin
La veille, le gouvernement grec avait annoncé un plan de réformes et d'austérité drastique pour réduire son déficit et restaurer la confiance des marchés. Le gouvernement Papandréou veut réaliser en 2010 4,8 milliards d'euros d'économies pour réduire le déficit public de quatre points dès cette année et le ramener à 8,7% du PIB. Il entend notamment accroître la transparence, réduire la bureaucratie, éradiquer la corruption et réformer la fiscalité pour endiguer la fraude fiscale. Ainsi, "nous avons montré à nos partenaires européens que nous sommes capables de prendre des décisions difficiles et douloureuses", explique M. Papandréou dans le "Frankfurter Allgemeine Zeitung".
Les dirigeants allemands et européens ont immédiatement applaudi ces décisions. "Les mesures adoptées par le gouvernement grec constituent "un signe très important pour restaurer la confiance dans la Grèce et dans l'euro", a commenté Angela Merkel. "Je crois qu'il n'y a pas d'alternative à ce que la Grèce fasse ce qu'elle a à faire. Je suis très contente que le gouvernement grec n'ait peur d'aucun effort pour emprunter cette voie difficile et sans alternative".
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré, pour sa part, que les décisions du gouvernement grec allaient dans la bonne direction. Elles "méritent notre respect", a-t-il ajouté. Le gouvernement grec se montre responsable vis-à-vis de l'Europe et de l'euro.
Le Grèce est à la tête d'une dette de 300 milliards d'euros, qui correspond à près de 113% de son produit intérieur brut (PIB). Athènes table pour 2009 sur un déficit de 12,7% du PIB, soit bien plus que ce qu'autorise le Pacte européen de stabilité et de croissance. La Grèce viole, en outre, un autre critère de ce Pacte : l'interdiction d'avoir une dette publique dépassant 60% du PIB. Le conseil des ministres européens de l'économie et des Finances (ECOFIN) a engagé à la mi-février une procédure contre la Grèce pour déficit excessif. Elle prévoit que la Grèce ramène son déficit sous la barre des 3% d'ici à 2012, qu'elle mette en place rapidement des réformes pour rendre son économie compétitive et qu'elle mène une politique durable qui corresponde aux intérêts à long terme de la Grèce, de la zone euro et de l'Union européenne.
Source: CIDAL













